La Laïcité n'est pas une opinion, c'est la liberté d'en avoir une !

L'arbre de la laïcité est un arbre planté en France pour célébrer notamment la loi du 9 décembre 1905 de séparation des Églises et de l'État. Sa plantation est en relation avec des établissements et des municipalités sensibles aux questions laïques. Quel est l’origine de cet arbre ?

De l’arbre de la liberté à L’arbre de la laïcité

En France, historiquement, les arbres de la liberté marquaient l'attachement au nouveau régime politique républicain.

Selon Jacques Godechot « L’arbre de la liberté n’est autre que l’ancien « mai » que les paysans plantaient généralement à l’occasion des fêtes votives, tradition héritée sans doute des vieux cultes païens.

Le premier « arbre de la liberté » (Liberty Tree) a été planté à Boston aux États-Unis en , par défiance envers le gouvernement britannique, pour protester contre la hausse des impôts et contre l'instauration d'un timbre fiscal généralisé : le Stamp Act.

Les premiers arbres de la liberté français furent plantés dans le Périgord dès le mois de janvier 1790 » (Les institutions de la France sous la Révolution et l’Empire, PUF, 1998).

L’arbre de mai était un poteau décoré d’emblèmes manifestant de façon festive la cohésion populaire communale. L’arbre de la liberté s’en inspire tout en lui donnant un sens nouveau : l’affirmation de la souveraineté du peuple (Eric Fechner « L’arbre de la liberté » Revue Mots n° 15, octobre 1987). Des milliers furent plantés. L’abbé Grégoire, député à la Convention, leur consacrera une importante étude. On en plantera encore en 1830, en 1848 (où ils furent bénis par le clergé !), en 1871 et à la Libération.

Cette nouvelle pratique de « l’arbre de la laïcité » s'inscrit dans la mémoire révolutionnaire, en écho aux arbres de la liberté plantés lors de la Révolution française et de celle de 1848 : l'arbre symbolise l'enracinement, la verticalité et la protection.

Le premier « Arbre de la laïcité » français a été planté le 19 juin 2010 à Créon, en Gironde, à l'initiative de Guy Georges,  instituteur militant anticlérical de gauche, membre de la Libre-pensée  ,ancien secrétaire général du Syndicat national des instituteurs, avec le soutien du club socialiste Gauche Avenir. L'objectif était de commémorer le serment de Vincennes, par lequel plusieurs milliers de militants laïques s'étaient opposés le 19 juin 1960 à la loi Debré de 1959 autorisant le versement de subventions de l'État aux établissements d'enseignement privé.

Depuis, la tradition s'est largement répandue : chaque année, autour du 9 décembre (anniversaire de la loi de 1905), des écoles, communes et associations laïques plantent un arbre de la laïcité, souvent accompagné d'événements pédagogiques pendant la « semaine de la laïcité ». En 2025, pour le 120e anniversaire de la loi, le SE-UNSA a par exemple accompagné la plantation de tels arbres dans une centaine d'établissements scolaires.

Il n'y a pas une essence unique et officielle : le choix varie selon les communes et les symboliques locales. Dans les exemples trouvés :

  • Chêne — symbole classique de force et d'enracinement, très fréquemment utilisé
  • Olivier — associé à la paix et à la sagesse
  • Châtaignier — …..

Le chêne reste sans doute l'essence la plus courante, dans la continuité symbolique des arbres de la liberté plantés pendant la Révolution française, où le chêne était déjà très présent. Mais aucune charte n'impose une espèce précise — les organisateurs choisissent souvent un arbre local, robuste et à longue durée de vie, en cohérence avec l'idée d'un principe républicain appelé à durer.

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