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C'est quoi une République ?

La république est un mode d'organisation d'un pays dans lequel le pouvoir est exercé par des représentants de la population, généralement élus, et où le chef d'État n'est pas héréditaire et n'est pas le seul à détenir le pouvoir. Une république est le contraire d'une monarchie héréditaire, mais n'est pas toujours synonyme de démocratie[1],[2],[3],[4].

La république est, en 2021, la forme de gouvernement la plus répandue dans le monde : sur 197 pays, 152 sont officiellement des républiques[5].

Étymologie et évolution du sens

Le mot « république » provient du latin res publica qui signifie au sens propre « chose publique » et désigne l’intérêt général puis le gouvernement, la politique et enfin l’État. La République de Platon, la Politique d'Aristote et De la république (De Republica : « de chose publique ») de Cicéron traitent tous des formes de gouvernementRes, en langage juridique latin, désigne l’affaire à traiter en justice[6]. Historiquement il s'agit de la cause de la plèbe, plaidée par le tribun — représentant des « tribus » — devant le Sénat romain composé des patriarches des familles connues de Rome.

En 1576, Jean Bodin la définit dans Les six livres de la République comme le « droit gouvernement de plusieurs ménages et de ce qui leur est commun, avec puissance souveraine ». Cet ouvrage décrit les principes symboliques et l'organisation juridique de la monarchie française où le terme de république est, bien que complexe dans son emploi, synonyme de la souveraineté d'un prince dans l'ordre de la loi naturelle[7]. Dans Du contrat socialJean-Jacques Rousseau la définit comme « tout État régi par des lois, sous quelque forme d'administration que ce puisse être ; car alors seulement l'intérêt public gouverne et la chose publique est quelque chose. Tout gouvernement légitime est républicain. » Le terme est clairement synonyme de « gouvernement », de « bonne gouvernance ». Plusieurs courtisans du XVIIIe siècle écrivent des poèmes où ils louent la bonne gestion par Louis XIV de la république.

République prend alors le sens de communauté d'esprit ou d'idée, dans le sens d'une recherche du bien commun dans un domaine donné[8]. On trouve chez Blaise Pascal le concept de « République chrétienne » (Pensées, liv. XXIV, 15) que reprennent Voltaire[9] ou Rousseau dans leurs écrits[10]. On voit encore apparaître celui de « République des Lettres » comme chez Montesquieu (Lettres persanes, CXLII[11]).

Au moment de la Révolution française, en référence à la République romaine qui s’est établie à la suite de la monarchie, le régime politique qui fait suite à l’Ancien Régime est baptisé « république » en référence à l'idéal de gouvernement romain. Le 21 septembre 1792, en conséquence de la proclamation de l'abolition de la royauté, la Première République française est proclamée.

Par la suite, en français, le mot s'est confondu avec le mot démocratie par opposition au despotisme et à la monarchie[12]. Une évolution de sens notable s'est opérée dans l'histoire récente, puisque jusqu'au XVIIIe siècle la tradition opposait, d'après la Politique[13] d'Aristote, le régime issu de l'élection qui repose sur le choix de quelques-uns des citoyens selon leur mérite, leurs compétences ou leur richesse (l'oligarchie et l'aristocratie, qui devinrent par la suite la république), et un régime issu au moins partiellement du tirage au sort[14] qu'il appelle démocratie. Le sens et l'intérêt du régime démocratique s'expliquait alors pour Aristote par l'idée de liberté politique, selon laquelle un citoyen est libre dès lors qu'il a alternativement le pouvoir de gouverner et d'être gouverné[15]. Cette assimilation récente s’explique par l’histoire politique moderne des révolutions américaines et françaises, lors desquelles le problème de l'adoption de la démocratie a été débattu parmi les constituants qui la refusaient (notamment l'abbé Siéyès), lui préférant l'idée d'un gouvernement représentatif, autrement dit républicain[16],[17].

Le régime de Vichy est fondé en opposition avec la République qui avait, aux yeux des partisans du maréchal Pétain, provoqué la décadence du pays. Le nom officiel du régime politique est alors « État français ».

Différentes formes de républiques

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/0/04/Forms_of_government.svg/500px-Forms_of_government.svg.pngRégimes politiques de jure dans le monde (2026)
Républiques

Monarchies

Gouvernement militaire

Autres

Une république populaire, une république démocratique ou une république socialiste soviétique peuvent désigner des États communistes, pendant la guerre froide, même s'ils n'ont pas l'exclusivité de ce terme.

Une république islamique est la forme de gouvernement prise par un État qui n'a pas de monarque et où la gouvernance s'aligne sur le dogme de l'islam, comme c'est le cas en Iran, en Afghanistan ou au Pakistan.

Dans une république aristocratique, les dirigeants sont élus par les nobles. C'était notamment le cas de la république des Deux Nations ou de la république de Gênes.

Pendant la Réforme protestante, des républiques calvinistes, souvent éphémères, ont été mises en place. Ce fut l'ambition de Jean Calvin à Genève.

Une république peut avoir différents modes de fonctionnement : un régime présidentiel comme en Corée du Sud ou aux États-Unis, un régime parlementaire comme en Allemagne ou en Inde, ou un régime semi-présidentiel comme en France ou en Russie.

La subdivision d'un État peut être une république autonome. C'est notamment le cas des républiques de Russie.

Histoire

Antiquité

À Rome, la République romaine (instaurée en -509) fait suite à la monarchie des rois étrusques. C’est une oligarchie patricienne. La conduite de la République est aux mains des consuls qui sont au nombre de deux et élus pour un an. Le principal organe constitutionnel est le Sénat qui réunit les représentants des familles patriciennes.

Ce concept est inventé par les Romains (res publica, la chose du peuple), ainsi de Rome, nous avons gardé le culte de la loi (lex), l'autorité du Sénat, le symbole du faisceau des licteurs... et l'idée de la dictature, dont les institutions romaines autorisaient le recours quand les circonstances l'exigeaient. L'article 16 de la Constitution française de 1958 s'en est inspirée[18].

Dans la démocratie athénienne, c'est le tirage au sort qui désigne les représentants du peuple et non le vote comme pour ceux du peuple romain. Dans les deux cas, esclaves, femmes et non-citoyens sont exclus de tout rôle politique (cependant les femmes sont nécessaires pour transmettre la citoyenneté).

La république, c'est quoi ? | Les Mots de la République

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