La Laïcité n'est pas une opinion, c'est la liberté d'en avoir une !

Qu'est-ce que la laïcité

La laïcité est une construction juridique dont l’aboutissement est le processus de séparation des Églises et de l’État et donc l’indépendance des pouvoirs publics par rapport à toute tutelle religieuse. Elle permet à chacun de croire, de ne pas croire, de ne plus croire, de changer de religion, et d’exercer librement son culte. Le principe de laïcité impose la neutralité des services publics et des agents du service public et garantit l’impartialité de l’administration vis-à-vis de tous. La neutralité du service public signifie que les agents publics ont l’interdiction de manifester leurs opinions personnelles, notamment par le port de signes religieux.

Ainsi, l’universalisme caractérise la laïcité, mais aussi l’ensemble des libertés qu’elle assure et garantit, la liberté de conscience, de culte, d’expression et surtout l’égalité de droits de tous les citoyens.

La laïcité est aussi une manière de vivre. De vivre l’égalité entre les sexes et la mixité des hommes et des femmes. C’est d’ailleurs en ce sens que Condor­cet avait pensé l’école en 1792. Pour ce précurseur de la laïcité, également très en avance sur la mixité scolaire, l’école devait être le lieu où garçons et filles mélangés peuvent « oser tout examiner, tout discuter » et tout étudier.

Certains sont prêts à abandonner la laïcité au nom des « accommodements raisonnables ». Mais il faut bien comprendre que la laïcité n’existe pas « toute seule ». Elle a été pensée en même temps que l’école obligatoire, les droits de l’enfant, la liberté d’expres­sion et d’association. Elle fait aujourd’hui partie d’un ensemble de droits fondamentaux qui s’est lui-même enrichi au cours du temps. Depuis la IIIe République, l’égalité entre les hommes et les femmes a gagné du terrain, le mariage pour tous a été reconnu, le droit de disposer de son corps conquis – y compris à travers le droit d’avorter, tant contesté aux États-Unis par les chrétiens fondamentalistes. Si la liberté de recourir à l’IVG a pu être constitutionnalisée en 2024, c’est bien grâce au caractère absolu de la séparation des Églises et de l’État. À l’image d’un château de cartes, la laï­cité participe donc d’un subtil équilibre. Retirons une seule de ces pièces et l’édifice républicain s’écroule, tout entier. Elle est ni plus ni moins qu’un enjeu civilisationnel !

En 2025, à titre personnel, diriez-vous que vous êtes très attaché, assez attaché, peu attaché ou pas du tout attaché au principe de laïcité tel qu’ainsi défini par le droit ?

 

La laïcité permet de faire Nation et de rassembler les citoyens autour de valeurs républicaines, à l’inverse des personnes qui voudraient promouvoir le communautarisme, mais aussi le retour du religieux, ou d’autres qui seraient favorables à la discrimination et à la suppression des droits pour une frange de notre population. Mais il faut s’Interroger sur l’idée selon laquelle on peut intégrer des individus, mais qu’il devient beaucoup plus difficile d’intégrer des populations nombreuses partageant déjà des références culturelles et religieuses communes, cette idée est-elle devenue un tabou politique ? L’autre question posée, sommes-nous dans une France communautarisée après 50 ans d’aveuglement et d’erreur de volonté politique ? une partie de nos concitoyens font de leurs particularismes culturels, et particulièrement de leur religion, un contre-projet de société.

La laïcité ne survit comme principe vivant que si elle se confronte aux réalités sociales qu’elle prétend organiser. Les controverses récur­rentes sur son interprétation reflètent donc autant les inquiétudes de la société que les aspirations contra­dictoires de ses acteurs, et montrent que la laïcité n’est ni un objet figé, ni fini.

3 Vidéo qu'est ce que la laïcité et qu'est ce que ce n'est pas

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