Des personnalités ayant œuvré pour la laïcité en France
1. Les précurseurs (XVIIᵉ – XVIIIᵉ siècle)
Pierre Bayle (1647-1706) — philosophe protestant, théoricien précoce de la tolérance et de la séparation entre foi et raison (Dictionnaire historique et critique).
Voltaire (1694-1778) — combat contre le fanatisme religieux et l'intolérance (affaire Calas, affaire du chevalier de La Barre).
Montesquieu (1689-1755) — théorisation de la séparation des pouvoirs, base indirecte de la séparation du religieux et du politique.
Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) — concept de « religion civile » dans Du contrat social, distincte des cultes.
Denis Diderot et les Encyclopédistes — diffusion des idées critiques envers l'autorité religieuse.
2. La Révolution française (1789-1799)
Mirabeau — défenseur de la liberté de culte à l'Assemblée constituante.
L'Assemblée constituante — Déclaration des droits de l'homme et du citoyen (1789), article 10 sur la liberté d'opinion « même religieuse ».
Talleyrand — rapporteur de la nationalisation des biens du clergé (1789).
Condorcet — projet d'instruction publique laïque et universelle.
La Convention — décret de séparation des Églises et de l'État du 21 février 1795 (3 ventôse an III), première tentative de séparation, éphémère.
3. Le XIXᵉ siècle : la lente construction
Jules Ferry (1832-1893) — lois scolaires de 1881-1882 instaurant l'école primaire publique gratuite, laïque et obligatoire.
Ferdinand Buisson (1841-1932) — pédagogue, directeur de l'enseignement primaire, rédacteur du Dictionnaire de pédagogie, un des pères intellectuels de la loi de 1905, prix Nobel de la paix 1927.
Paul Bert (1833-1886) — artisan avec Ferry de la laïcisation de l'école.
Émile Combes (1835-1921) — président du Conseil (1902-1905), politique résolument anticléricale préparant la séparation.
Jean Macé (1815-1894) — fondateur de la Ligue de l'enseignement (1866).
Léon Bourgeois — théoricien du solidarisme, soutien politique à la laïcisation.
4. La loi de 1905 et ses artisans directs
Aristide Briand (1862-1932) — rapporteur de la loi du 9 décembre 1905 de séparation des Églises et de l'État, cheville ouvrière du compromis final.
Jean Jaurès (1859-1914) — soutien politique et parlementaire majeur de la loi, plaidant pour une séparation apaisée.
Francis de Pressensé — député, contribution au débat parlementaire.
Maurice Rouvier — président du Conseil lors du vote de la loi.
Émile Combes — a préparé le terrain politique avant la loi (cf. supra).
5. Le XXᵉ siècle : consolidation et défense
Ferdinand Buisson (voir plus haut) — a poursuivi son rôle jusque dans les années 1920-1930.
Léon Blum — défense de la laïcité et de l'école publique durant le Front populaire.
René Cassin — juriste, contribution aux libertés fondamentales incluant la liberté de conscience (Déclaration universelle des droits de l'homme, 1948).
6. Penseurs et universitaires contemporains
Jean Baubérot — historien et sociologue, titulaire de la chaire « Histoire et sociologie de la laïcité » à l'École pratique des hautes études, auteur de nombreux ouvrages de référence (dont 1882-1905 ou la Laïcité victorieuse), fondateur du groupe Société, Religion, Laïcité au CNRS, aujourd'hui figure toujours active de la Vigie de la laïcité.
Henri Pena-Ruiz — philosophe, défenseur d'une conception stricte et universaliste de la laïcité, opposant à la notion de « laïcité ouverte ».
Catherine Kintzler — philosophe, une des voix du courant laïque républicain, fondatrice du site Mezetulle.
Régis Debray — essayiste, contributions sur laïcité et religion dans l'espace public.
Élisabeth Badinter — engagement pour une laïcité stricte, notamment sur les questions de voile et d'espace public.
Cette liste n'est pas exhaustive et peut être complétée